07-08-2014 - Rurrenabaque, la douceur de vivre !

Après notre expédition au salar, nous voilà de retour à La Paz, où on s'attelle joyeusement à préparer notre départ pour l'Amazonie.
C'est un rêve qui se réalise !

Notre choix s'arrête sur Chalalan, le premier projet écotouristique de Bolivie, qui aide a préserver la forêt et le mode de vie de la communauté de San José de Uchupiamonas qui vit dans la jungle depuis de nombreuses générations. Chalalan leur apporte une ressource supplémentaire et permet de protéger cette partie du parc... tous les membre du camp, guides et autres, sont des membres de la communauté... alors certes c'est un peu plus cher, mais non seulement l'argent récolté aide a construire des écoles et à aider les familles à survivre mais elle respecte évidemment la nature et les animaux (ce qui n'est pas le cas de toutes les agences loin de là... ici personne n'ira attirer les animaux avec de la nourriture, pas de braconnage, ni de pratiques douteuses du genre on choppe un anaconda pour le déposer juste devant les touristes et faire "ooooh un anacondaaaa" ... ici voir des animaux n'est jamais garanti) et point décisif c'est le camp le plus loin dans le parc Madidi, il faut 6 heures de bateau pour y arriver, donc on a quand même plus de chance de voir des animaux et surtout être immergé dans une fôret encore plus"vierge".

Avant de partir on se permet un gros plaisir en allant manger dans un restau Français "Chez Moustache", où on se fait péter le bide avec un énorme plateau de fromage, une terrine maison, et la meilleure tartiflette qu'on ait jamais mangé de notre vie (pour Fabien qui vient de Haute Savoie c'est énorme !!!). On se prend même une bouteille de vin, c'est byzance,

Pour le départ, on choisit d'aller a Rurrenabaque, (notre point de départ en Amazonie) en avion, vu que la route en bus est réputée pour être l'une des plus dangereuses de Bolivie, même en saison sèche, et c'est pas peu dire.
On embarque donc dans un tout petit avion militaire... à hélices ! ben sans déconner ça fait bizarre, on est pas habitués du tout. Le décollage de la Paz est toujours aussi chaud, les turbulences, le vol au ras des montagnes, on en mène pas large. En plus à la moitié du trajet Fabien a les oreilles explosées par un bouchon vicieux et vadrouilleur... on est en forme !
Mais les trous d'air et la trouille sont compensés par une vue incroyable : nous passons de paysages montagneux recouverts de neiges éternelles à une foret dense emplissant tout le panorama.
On atterrit en pleine jungle sur une piste en terre. Quelques passagers paniquent un peu car ils pensent sur le coup que l'avion fume, mais heureusement ce n'est que la poussière qui fait un grand nuage à cause des hélices, arf.
Et là, en descendant, c'est le choc... thermique déjà, après tant de temps à se geler les c... on a maintenant droit a un vrai climat tropical ! C'est violent mais délicieux. Tout autour s'élèvent les montagnes couvertes de jungle, c'est totalement improbable, on a jamais vu quelque chose comme ça.
Alors bien sur aucun aeroport en vue, on attend que d'autres passagers prennent notre place dans l'avion et on embarque dans leur navette qui nous amène en ville.

On part chercher un petit hotel recommandé par les gens du coin, l'Oriental, qui, bonheur, a même un grand patio avec plein de fleurs et de hamacs ! On sent que ça va être dur l'amazonie :) Puis on part à la découverte de la bourgade.
Très vite on retrouve l'ambiance de l'Indonésie, avec tous ses deux roues dans les rues, sa moiteur, quelque chose de plus indolent dans l'atmosphère, de plus détendu, de la verdure partout. Le bord du fleuve et son marché nous appellent, et on reste scotchés jusqu'à ce que le soleil soit couché à observer les enfants qui pêchent sur les berges, les bateaux qui traversent, les couleurs changeantes du ciel et la vue sur la jungle.
Après s'être rempli les mirettes, faut se sustenter l'estomac, on trouve donc un petit restau style paillote et cocktails ; on pressent qu'on va rester un peu plus longtemps que prévu dans le coin, c'est trop idyllique.

Le lendemain départ à 8h30, on monte à bord d'une sorte de pirogue à moteur sur un fleuve couvert de brume épaisse. On voit à peine le soleil au travers et on découvre la forêt vierge dans son côté mystérieux et angoissant. Puis le ciel s'éclaire, et on découvre alors une jungle impénétrable, sublime. On est dans "Aguirre" je vous dis !

Pour faire avancer l'embarcation, un gars s'occupe du moteur derrière et un autre est à l'avant avec un long morceau de bois style perche qu'il balance d'une main sure pour éprouver la profondeur du fleuve et nous envoie régulièrement de la flotte dans la face, ce qui nous fait sursauter et rire comme des idiots. D'un geste délicat mais rapide et précis il indique à son pote derrière comment corriger la trajectoire pour remonter le courant sans problème. Ils sont d'une efficacité redoutable, même quand le passage est un peu délicat avec de gros rochers qui bloquent.
A midi, ils nous arrêtent sur une petite plage pour grignoter, et en plus de quelques bonbons au caramel en dessert on a droit à notre première attaque de mouche des sables. On découvre aussi des centaines de toutes petites toiles d'araignées argentées cachées sur le sol... très rassurant pour faire pipi les filles.

Puis le bateau repart. Sur le chemin on croise un capybara qui se repose trankilou au bord du fleuve au milieu des broussailles, et une foule d'oiseau. Puis après 5h30 on arrive à notre destination, sans avoir du tout senti le temps passer, tout ébaubis qu'on est !
On descend sur la berge, couverte de papillons où un petit monsieur moustachu nous accueille et nous demande de le suivre. L'écolodge est a une petite demie heure a pied, on avance donc d'un pas décidé, impatients....
On a honte de l'avouer mais le problème c est que le monsieur en question sent horriblement mauvais ! non mais vous n'imaginez pas à quel point... là le rat n'est pas juste mort, mais toute la famille du rat s'est suicidée et croupit depuis un mois dans les aisselles du monsieur c'est pas possible autrement ! Du coup Audrey au bord de la gerbouille marche en retrait histoire d'atténuer un peu la chose tout en priant intérieurement comme une tarée pour qu'il ne soit pas notre guide attitré pour les trois prochains jours ! Fabien qui a le nez résistant pour ne pas dire atrophié malgré son bel appendice, supporte donc la chose tout sourire.... la salaud !
et la les boules, le monsieur qui pue se révèle aussi être un monsieur gentil... manquait plus que ça ! car le voilà qui s'arrête pour attendre Audrey, pensant qu'elle galère trop dans la boue et ne voulant pas qu'elle se fasse distancer... argh ! elle est obligée d'accélérer un peu le pas... son subterfuge tombe à l'eau...
franchement c'est quand même hallucinant de sentir la trace olfactive du gars plus de deux minutes après son passage en plein nature, non !?!

Puis tout à coup, en plein milieu du chemin se dresse un un serpent noir et jaune de près de 2 metres qui nous barre le passage. Il regarde Fabien et gentil-qui-pue puis glisse alors dans les herbes, Audrey encore à la traîne a juste le temps de le voir filer.. ça lui apprendra à écouter son nez
Arrives dans le camp qui donne sur un lac magnifique, on découvre nos chambres, notre guide Umberto (merciiii mon diiieu, gentil-qui-pue n'est pas pour nous) et nos lits à moustiquaires ! il nous donne un conseil : surtout ne pas laisser ses chaussures dehors la nuit. Eh oui, les araignées et tarentules adorent s'y glisser, et parfois les secouer ne suffit pas, donc ne pas prendre de risque.... faut pas nous le dire deux fois, Fabien a même l'intention de mettre les chaussures sous la moustiquaires histoire d'être sur !

Là on nous fait déjeuner une deuxième fois, et même si on a plus faim on se régale et on dévore, vu que la cuisine est absolument divine. On fait aussi la connaissance d autres occupants, fort sympathiques mais qui n ont pas l'air très aventuriers. On paresse un peu dans les hamacs puis on part en balade pour essayer de voir des animaux.

Audrey s arme contre les moustiques, Fabien quant à lui décide d y aller en t shirt et tant pis pour les piqûres.... à croire qu'il aime galérer !
On marche quelques heures, et sur le chemin on voit pas mal d'insectes, des chenilles colorées, plein de fourmis différentes plus ou moins dangereuses et agressives, dont les fameuses travailleuses acharnées qui transportent toute une quantité de feuilles dans leur mandibules jusqu'à leur fourmilière et aident la forêt à renouveler son sol. Umberto nous explique tout un tas de choses sur les plantes et les arbres du coin, sur les légendes de sa communauté et les histoires de son enfance dans la forêt. Alors certes pour cette première expédition on ne voit pas beaucoup d'animaux mais la jungle reste tellement impressionnante avec ses bruits, cette lumière au travers des arbres, qu'on savoure même sans singe à l'horizon.
Sur le retour on arrive près du lac, qu'on traverse en barque, et là c'est un énorme coup de coeur : cet endroit est hallucinant ! le ciel et toute la foret au bord se reflètent dans l'eau, des oiseaux s'ébattent dans les branches, on voit des perroquets passer au dessus de nous. Puis le ciel gris sculpté par les nuages noirs commence à craquer. La pluie tombe doucement tout d'abord sur la surface de l'eau, la perçant de centaines de ronds. Les chants des oiseaux et autres animaux se calment, toute la forêt est en suspens, on n'entend plus que les gouttes qui tombent de plus en plus fort. Puis c'est le déluge, des rideaux d'eau tiède. Umberto pagaie à toute berzingue pour nous ramener au camp... dommage c'était si beau.

On a droit à un dîner encore une fois excellent, digne d un chef étoilé, au point qu'on mange jusqu'à la dernière miette du poisson ! nous qui n'aimons pas ça, surtout Fabien, ben on baffre ! Audrey prend alors le contre pied des autres gringos et se met à débarrasser les assiettes de tout le monde sous les yeux ébahis des touristes coinços, va féliciter la cuisine, demande le nom de la chef cuistot (Paula) et de la serveuse (Carmen) à qui elle dit un grand merci... les guides et les employés n'ont jamais vu ça ! mais en une journée elle s'est acquis le coeur des femmes du camp, et la tendresse de la chef.
Fabien de son coté, tout content d'être en Amazonie, commence a picoler sévère ... enfin non, juste deux bières, mais avec deux shots d'un alcool local très trompeur que nous offre un vieux monsieur belge très sympa, c'est radical. Du coup au moment de monter de nouveau sur la barque pour aller voir des caïmans dans la nuit, eh ben il est tout pêté, ce qui n'est pas pour rassurer Audrey quand à la stabilité du bateau... faudrait pas qu'on tombe à la flotte.
La lune nous éclaire à peine, on ne voit absolument rien en dehors du petit rond de nos lampes, on est bercés par tous les bruits de grenouilles, d'oiseaux, de criquets et autres insectes qui ont repris leurs droits une fois le soleil couché et la pluie calmée. On repère les yeux des caïmans qui brillent dans nos lumières et on se rapproche d'eux tout doucement. La plupart du temps on les perd de vue et on ne se rend compte qu'il sont là que quand on est à dix centimètres d'eux. Ca fait nous fait faire des bonds, on s'y attend pas du tout à chaque fois ! heureusement ils sont assez petits et très zen, ils ne bougent pas, on peut donc les observer à loisir.


Cet endroit est un rêve. On part se coucher après avoir remercié Umberto avec qui on s'entend de plus en plus, et sous nos moustiquaires on rêve à toutes les bêtes qu'on entend chanter autour de nous. Il nous reste deux jours et demi dans ce paradis, demain on espère voir des singes !

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