25-07-2014 - Tupiza, BolivieClint Eastwood et Calamity Jane n ont qu a bien se tenir ;)

Nous voila donc partis pour deux jours d equitation dans le sud de Tupiza !

Nos chevaux se prenomment Yaco et Churumino, et malgre les apparences, car ils n ont pas l allure de pur sang arabes loin s en faut, ce sont des montures hors du commun ! Ils repondent comme un charme a la moindre indication, ne s emballent jamais comme des tares sur un coup de stress et n ont peur de (pratiquement) rien. En gros, un delice, malgre quelques moments tendus.

Celui de Fabien est plus pepere, broutant a l occasion et ne bottant que lorsqu il passe en deuxieme position, c est sa petite obsession; allez savoir pourquoi ; celui d Audrey est plus fougueux, d emblee il se permet tout seul de ralentir a l exces pour pouvoir ensuite faire des petites pointes de vitesse, c est parfait !

C est donc avec notre guide Francisco, une jeune bolivien parfait cavalier mais assez je m en foutiste que nous entamons notre voyage. Comme souvent ici, on n a droit a aucune explication... Fabien est debutant ? pas de probleme : "Fabiano, tu preferes un casque ou un sombrero ?" euh.... mais faut pas poser la question la, mettez lui un casque illico bordel ! ben rate, evidemment c est parti pour le sombrero, et Audrey est bien obligee de reconnaitre qu il a la classe en Clint Eastwood... Ya plus qu a prier pour qu il se casse pas la gueule au milieu des cactus et des rochers !

Audrey pallie donc au silence de notre guide et donne en vitesse a son homme quelques rudiments concernant le maniement de la bête, et go... tres rapidement on se trouve catapultes dans des paysages de malades, mais vraiment sans exageration, c est a couper le souffle ! On traverse des vallees de cactus, des formations de pierres rouges immenses, des canyons, des cheminees de roches, des montagnes... c est magique, un vrai western. Le tout dans des couleurs de fou, dues a la quantite enorme de mineraux presents ici, et qui forment des palettes incroyables !

Audrey n a jamais vecu un truc pareil, et meme Fabien apprecie, il realise qu a cheval ca change completement, c est une sensation totalement nouvelle pour lui : on prend le temps, on est "dans" le paysage, on en fait partie, rien a voir avec la voiture... en plus on ne croise absolument personne, et ca ajoute un quelque chose de... comment dire... precieux ? comme si tout ca etait a nous ou qu on etait dans une autre epoque...

Bref, on continue a travers des montagnes rouges et bleues, puis ocres, et cuivre, vertes, puis d immenses falaises creme... On avance beats. Audrey se permet quelques galops en tete de file : liberteeeeeeee ! ce qui n est pas pour plaire aux fesses de Fabien

L apres midi, le vent commence a se lever et devient de plus en plus violent, les chevaux n aiment pas ca, ca les rend tres nerveux. Nos chapeaux et lunettes de soleil sont alors bien plus utiles que le casque ( toujours a la condition qu on ne tombe pas), et sont meme indipensables pour nous proteger et nous permettre d y voir un chouia. On avance alors limite a l aveuglette.
Pour le dejeuner, on tente de s abriter entre deux grands rochers un peu a l abri, mais on mange vite fait car ca reste un vrai defi : debout la force du vent nous fait trebucher et assis on se prend des rafales dans la tronche et on mange du sable.

Mais pas decourages pour deux sous, on remonte en selle. Notre trio arrive alors devant un pont qui donne sur un fleuve quasi asseche ( en saison des pluies il y a des chercheurs d or ici !) sauf quelques bras de riviere, ca donne la aussi des couleurs magiques, et avec le reflet du soleil sur l eau tout brille... et sur les rives il y a des sortes de touffes d herbe jaunes, tres savane, qui forment un contraste fou... honnetement c est mille fois plus scotchant que ce a quoi on s attendait !
Le probleme, car sinon c est pas drole, est le suivant : le cheval du guide refuse obstinement d avancer sur le pont dans ce vent ! Il piaffe, il rue, bref meme en le tirant a pieds ya pas moyen ! C est donc Audrey qui prend courageusement la tete avec son Yaco temeraire qui, malgre sa nervosite, lui fait confiance, merci coco, et zou les autres chevaux de suivre ( la on apprecie leur cote gregaire).

Bon on se dit quand meme que cest fou en Bolivie : on est jamais prevenu de rien, on a pas d explication, les regles de securite sont completement folklo, mais putain quelle liberte ca nous donne ! Jamais on ne pourrait faire l escalade sans filet de Toro Toro, ou ce treck ci en France.
Grace a ca Audrey peut prendre la tete quand elle veut, elle ne demande meme plus quand elle veut partir devant faire ses galops, Francisco part du principe qu elle sait ce qu elle fait, ya aucun souci ! et Yaco ne s emballe pas, il kiffe avec elle, c est le reve absolu !

Vers la fin de journee, on commence a etre vraiment fatigues, ca fait plus de six heures qu on chevauche, mais hors de question de relacher notre concentration : on se prend une tornade de sable en pleine gueule ! Et on doit ensuite traverser de tout petits villages ou quasi personne ne vient jamais, or les dits villages sont bourres de chiens hyper agressifs et tres territoriaux... on a droit alors au grand flip de notre trip...

Des chiens nous avaient deja hurle dessus et cherche des noises a plusieurs reprise mais nos chevaux s etaient alors plutot bien defendus, bottant comme il faut, sans trop de panique sinon la notre. Francisco avait meme gentiment envoye sa monture a l assaut des clebards pour nous eviter le gros du danger.
Mais le dernier village s est revele un putain de piege : sur la place, une dizaine de chiens hysteriques se sont mis a attaquer et carrement mordre les chevaux, et la c etait beaucoup moins drole : le guide est parti en tete, nos chevaux bottaient, tentaient de s enfuir, en panique, l horreur... et la Francisco n est pas revenu pour aider le salop ! Fabien a finalement reussi a passer, mais Audrey s est retrouvee en dernier avec la meute autour d elle, son cheval tapant a tout va ! elle a failli voler je vous raconte pas, les renes emmelees dans ses etriers, le cheval en mode tape cul... totalement impuissante, excedee (et morte de trouille faut bien l avouer) elle a alors sorti une horrible voix grave completement improbable et a commence a hurler sur les chiens en mode infrabasse " SAAAAAAAL DE AQUI !!!! CALLAAAAATE !!!!".... surrealiste ! eh ben je vous jure que ca en a dissuade quelques uns. Bon pas tous, hein, mais grace a ces chevaux hors du commun qui font une confiance aveugle a celui qu ils ont sur le dos, elle a serre les jambes pour accelerer l allure, tout en se penchant pour recuperer les renes, et yaco a cesse le combat et a reussi a s eloigner de la meute.

Sympa la premiere experience de Fabien a cheval, non ? ben contre toute attente il etait ravi et entier, et fallait voir son sourire apres coup " tu sais que je t aime ma mettaleuse a la voix de morte vivante ! Arf arf !"

On a donc fini notre premier jour sain et sauf sans une seule chute !

On a alors rejoint notre chambre dans une petite auberge ravissante, en boitant legerement. L accueil de nos hotes Jorgelina et Iber, ainsi que celui de leur petit garcon de deux ans et demi " Iber chiquito", un phenomene, a ete absolument parfait. La cuisine et l ambiance etaient excellentes, et on a tellement bien dormi qu on a fait le tour du cadran !


Voila c etait le debut de nos aventures chevaleresques a Tupiza !

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